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Aventures dans les Gorges du Verdon

Dernière mise à jour : 31 août 2022

La rando gîte du CAP des 20 et 21 juin 2022


Les 20 et 21 juin, les femmes n’ont pas toutes fait « la maline »et les hommes ne se sont pas tous mis « martel en tête » … En revanche, 23 randonneurs du CAP ont passé un agréable moment au Chalet de la Maline et ont emprunté le sentier Martel.

Une tradition du groupe de randonneurs du mardi n’avait pas pu être perpétuée depuis plusieurs années et il tardait à nombre d’entre eux de la reprendre : la rando-gîte. Cette rando gîte consiste à faire une belle randonnée un peu plus lointaine qu’à l’ordinaire et à passer une nuit en gîte la veille afin d’être à pied d’œuvre dans les meilleures conditions, la nuitée en gîte étant en outre une opportunité de passer une soirée conviviale.


Sur les traces du spéléologue Edouard Alfred Martel


Certains voulaient retourner dans les gorges du Verdon, d’autres voulaient les découvrir, c’est ainsi qu’ils ont décidé de suivre les traces d’Edouard Alfred Martel, le spéléologue qui a exploré le grand canyon du Verdon en 1905 en compagnie d’habitants des villages voisins de Rougon et de la Palud, dont l’instituteur Rougonnais Isidore Blanc.

Il s’agissait à l’époque de trouver de nouvelles sources pour alimenter la Provence en eau potable.

Ils avaient mis 4 jours pour parcourir l’intégralité du canyon…

Heureusement, grâce aux équipements mis en œuvre par le Touring Club de France dans les années 1926 à 1928 puis aux aménagements ultérieurs, le sentier Martel (ou sentier Blanc-Martel) se parcourt maintenant dans la journée. Son itinéraire de 14 kilomètres, du Chalet de la Maline (La Palud) au Point Sublime (Rougon), conjugue montées et descentes plus ou moins raides (dénivelée cumulée : 500 mètres), dont certaines équipées d’échelles, parcours au plus près du lit du Verdon, passage par des tunnels… Il est jalonné de grottes (Baumes) et passe en contrebas de falaises vertigineuses de plusieurs centaines de mètres de haut.


Arrivée au chalet de la Maline


Marc Lassalle a organisé très professionnellement cette rando gîte : réservation de la demi-pension et des paniers-repas au Chalet de la Maline, horaires, covoiturage, etc. Il s’est même inquiété des éventuels régimes alimentaires des participants.

Nous prenons la route le lundi 20 juin dans l’après-midi, les paysages défilent : Aix, Gréoux et ses thermes, Riez et ses colonnes romaines, Moustiers-Sainte-Marie et son étoile accrochée à une chaine tendue entre deux falaises, le lac de Sainte Croix dont le niveau est anormalement bas (et sur lequel nous voyons 4 Canadairs écoper en raison d’un incendie sur le camp militaire de Canjuers), La Palud, un petit arrêt au belvédère de l’Imbut pour admirer la vue plongeante sur les gorges et nous arrivons au Chalet de la Maline.

Dans une ambiance joyeuse, nous nous installons dans les dortoirs à 4 ou 6 personnes avec lits superposés et sanitaires privatifs. Nous partageons ensuite un moment convivial agrémenté d’une boisson fraîche sur la terrasse avec vue panoramique. Plusieurs d’entre nous anticipent même sur les plaisirs du lendemain et font quelques pas sur le sentier. Après le diner pris à l’intérieur, tout le monde se retrouve sur la terrasse pour profiter de la fraicheur... mais il ne faut pas veiller trop tard : les choses sérieuses commencent le lendemain matin !


En route pour la "grande aventure"


Le 21 juin, le lever est très matinal pour trois de nos chauffeurs qui vont stationner deux véhicules à proximité du Point Sublime, un grand merci à eux !

Après les ablutions matinales, un bon petit déjeuner, le rangement des effets personnels, la récupération des paniers-repas… nous sommes fin prêts pour la « grande aventure ». Il fait déjà chaud et il nous tarde de rejoindre le bord de l’eau. Nous attaquons guillerets la longue descente vers le lit du Verdon. Le sentier, que l’on emprunte à la queue leu leu, fait des lacets dans la végétation déjà très sèche. Quelques passages délicats sont aménagés : escaliers métalliques, marches taillées dans la roche, mains courantes. Admirer le ciel

limpide, les hautes falaises, les eaux vertes du Verdon en contrebas est un régal pour les yeux.

Arrivé au bord du Verdon, le sentier en suit le cours vers l’amont. Nous cheminons alors en sous-bois sur un terrain relativement facile et des centaines de petits papillons blancs volent partout autour de nous. Ce sont des pyrales du buis dont on voit les ravages sur la végétation : leurs larves ont dévoré les feuilles et même l’écorce de nombre de buis, même ceux de plusieurs mètres de haut, les réduisant à l’état de squelettes grisâtres… Plusieurs grottes (ou Baumes) jalonnent cette partie du parcours.

Par moments, le sentier remonte au-dessus de la partie boisée et passe dans des endroits plus rocheux avec quelques marches taillées. Il monte, descend, remonte… et au sommet d’une nième montée apparaît devant nous un immense éboulis. Comment traverser cette langue de pierres sans rompre un équilibre qui semble bien précaire ? Comment éviter une glissade vertigineuse jusqu’au Verdon bien en contrebas ? La solution est sur notre droite : en bordure de l’éboulis un escalier maçonné permet de descendre et de le traverser bien plus bas, en toute sécurité grâce à une main courante.


Petit détour par la Mescla


En poursuivant notre chemin, nous sommes de nouveau à l’ombre des arbres et nous arrivons à une intersection : à gauche direction « Point Sublime » et à droite direction « La Mescla ».

Il aurait été vraiment regrettable de ne pas faire la « fioriture » (aller-retour) vers la Mescla qui permet de voir la confluence entre le Verdon et l’Artuby. « Mescla » signifie le mélange en provençal et désigne le mélange des eaux du Verdon et de l’Artuby.


La plupart d’entre nous décide de descendre vers cet endroit remarquable. Il y a beaucoup plus d’eau dans l’Artuby que dans le Verdon. Certains n’hésitent pas à descendre sur les grandes dalles jusqu’au bord de l’eau pour y tremper les mains et se rafraichir. Nous sommes dominés par des falaises et nous voyons des « touristes » sur le belvédère en bord de route, environ 200 mètres plus haut.


Les échelles de la Brèche Imbert


De retour sur le sentier Martel, nous poursuivons notre pérégrination sur un terrain plus accidenté et plus ensoleillé. Il commence à faire chaud, très chaud… Marc a prévu que nous franchirions la « Brèche Imbert » avant de partager le pique-nique dans la Baume aux Hirondelles.

La « Brèche Imbert » est une falaise à-pic de 150 mètres de haut qui s’avance vers le Verdon. Pour l’atteindre, nous négocions une montée assez raide… et nous nous retrouvons devant un escalier métallique ancré dans l’espace étroit entre les parois rocheuses de cette brèche. Nous avons l’impression qu’il plonge tout droit dans le Verdon.

Il s’agit en fait d’une structure métallique composée de 6 « échelles » successives (252 marches) et de petites plateformes intermédiaires. En raison des délais nécessaires au franchissement de la « brèche Imbert » par tout le groupe, Marc a donné consigne aux randonneurs en tête du groupe de continuer sur le sentier (très bien balisé) jusqu’à la Baume aux Hirondelles qui, selon lui est très proche. Nous craignons un moment d’avoir « raté » cette grotte car elle est un peu plus éloignée que prévu, heureusement, une plaque signalétique nous rassure : nous avons bien trouvé le lieu de rendez-vous fixé par Marc. La grotte est vaste et nous nous installons sur des dalles confortables mais poussiéreuses.


Défilé des Baumes Fères et Tours de Trescaïre


Le repas terminé, nous reprenons le sentier qui longe le Verdon, tantôt très haut au-dessus du cours d’eau, tantôt très proche, et nous arrivons à une belle plage de galets, dans le défilé des Baumes Fères (« grottes sauvages »). C’est l’occasion pour nombre d’entre nous de se rafraichir en trempant les mains, les pieds… et pour un courageux de se baigner (la température de l’eau doit être d’environ 15 degrés !). Les parois vertigineuses nous surplombent et des vautours tournoient dans le ciel, très haut au-dessus de nous.

Après cette halte bienfaisante, nous sommes ragaillardis pour terminer notre périple au fond des gorges. Le sentier est relativement ombragé jusqu’au belvédère des Tours de Trescaïre, 400 mètres en contrebas de la route des crêtes. C’est l’occasion d’admirer ces « Tours » sur l’autre rive, ce sont en fait deux impressionnantes pyramides monolithiques. C’est également l’occasion de regarder un groupe faisant de « l’aqua-rando / canyoning » dans le couloir Samson. Les personnes sont équipées (combinaisons, casques…), elles marchent sur l’autre rive du Verdon, sautent dedans depuis un promontoire haut d’environ 5 à 6 mètres, se déplacent dans l’eau et rejoignent ensuite notre rive.


Traversée des tunnels et arrivée au Point Sublime


Le sentier emprunte alors deux tunnels d’un ancien projet hydraulique. Le plus long mesure plus de 600 mètres de long (lampe torche et « petite laine » vivement conseillées). A la sortie de ce tunnel, le sentier débouche sur des escaliers qui descendent vers une plage de galets, il rejoint ensuite la route au niveau du parking « Samson ». Notre randonnée n’est toutefois pas encore terminée. Tous les chauffeurs doivent rejoindre les deux véhicules garés à proximité le matin afin d’aller récupérer les autres véhicules laissés au Chalet de

la Maline et les ramener au Point Sublime.

Pendant ce temps, les marcheurs doivent remonter au parking du Point Sublime par un sentier ombragé. Arrivés au niveau de la route, certains n’hésitent pas à poursuivre jusqu’au belvédère afin d’admirer « d’en haut » les lieux où ils étaient peu de temps auparavant.

Tout ce petit monde attend avec impatience le moment de se désaltérer avec une boisson fraîche au bar de l’Auberge du Point Sublime. Malheureusement une grande déception les attend : c’est le jour de fermeture hebdomadaire et la récompense tant attendue après 5 h 30 de marche… est tombée à l’eau !


Cette rando gîte dans le canyon du Verdon a sollicité les organismes des randonneurs en raison de la chaleur, de la distance, du dénivelé et des « aléas » du terrain. L’itinéraire est toutefois très bien balisé et équipé afin de pouvoir le parcourir dans d’excellentes conditions de sécurité. Tous les participants sont ravis d’avoir partagé cette randonnée mythique de la région et d’avoir passé des moments conviviaux lors de la soirée et lors de la marche. Ils sont tous volontaires pour réitérer cette expérience… dès que l’occasion se présentera.


Un très grand merci à Marc pour son organisation sans failles… et à très bientôt sur les sentiers pour de nouvelles aventures !


Marie-Gaëlle Ordy

Crédit photos Patrice Jourdain

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1 Comment


très belle randonnée bravo pour les explications de cette randonnée !!

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