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Visite magique de Jouques

Nous sommes 25 adhérents du CAP, ce vendredi 28 avril face à la Mairie de Jouques, avec notre guide Mylène, une jeune femme dynamique. C’est le printemps, la journée est lumineuse, les feuilles des platanes sont encore un peu dorées. Le grand pré derrière nous invite à la promenade et l’eau bruisse dans les fontaines. Les magasins s’étirent le long de la rue de la République et le drapeau tricolore s’agite dans le vent léger. En somme, une rue traditionnelle, que nous avons souvent parcourue en voiture.


Mais non ! Notre guide est une magicienne qui efface d’un mot et d’un geste nos certitudes : me voilà soudain au pied d’un vieux rempart qui cache le village, plus de magasins, plus de Mairie (ce luxueux bâtiment d’une vieille famille aristocratique ne s’ouvre que derrière l’ancien rempart).


C’est ainsi, par la magie de Mylène, que nous allons découvrir Jouques.


Quelques marches et nous voilà dans la rue Grande, habitée et tranquille… Mais non ! regardez mieux. La rue grouille soudain de boutiques et de chalands. Le boucher, le marchand d’huile, le boulanger, les petits traiteurs, tous ouvrent leur étal sur la rue. Ils habitent au premier étage et stockent le foin sous le toit. Voilà aussi quelques riches demeures : un riche notaire, des artisans ; ici, des paysans enrichis logent en bas leur bétail. Voilà la chapelle Saint-Jean pour les pauvres. L’eau, captée, descend la colline, pour alimenter plusieurs moulins. Nous suivons notre guide sur le chemin du passé.



Ce passé, nous allons le remonter jusqu’en haut, en suivant toujours ces rues parallèles à la colline. Un petit bourg apparaît, frileusement appuyé à la colline contre les « baumes », ces grottes qui servent de réserve. De petits coseigneurs s’organisent autour du seigneur majeur de Jouques, qui est l’archevêque d’Aix ; celui-ci organise sa résidence et sa chapelle un peu plus haut. Mais, à mesure que nous approchons du passé lointain et du sommet, la magie de notre guide s’efface : les ruines du vieux village fortifié, les ruines de la résidence des archevêques d’Aix parlent à peine d’un monde disparu. Disparus les glorieux seigneurs, disparus les prélats en costumes somptueux des musées, disparu le village primitif perché sur l’éperon rocheux de Notre-Dame de la Roque (dont seules quelques pierres attestent l’existence).



Nous sommes, là-haut, dans le soleil, heureux de notre visite. Et alors je comprends pourquoi cette remontée vers le passé a été si forte et si importante. Ce qui disparaît n’est que la vanité glorieuse, souvent prétentieuse, parfois cruelle de certains. Mais tout le matin, grâce à notre guide, nous avons croisé ces hommes et ces femmes qui ont peu à peu descendu cette colline vers plus de lumière et de soleil. Ils ont aimé leur présent et lutté au quotidien pour une vie meilleure. Ils ont détruit peu à peu leurs remparts.


Jouques a traversé la féodalité, la royauté, les Révolutions, les grandes guerres. Et les plus anciennes traces connues de présence humaine y remontent à 11 000 ans avant JC. Les habitants de Jouques vivent au présent leur belle Mairie, leurs beaux platanes, leurs fontaines. Ils enrichissent et cultivent leur territoire. Ils construisent des maisons et des écoles pour leurs 4 500 habitants, alors qu’ils n’étaient que 2 000 à la fin du siècle dernier. Ils accueillent leurs touristes.


Cette visite de Jouques a été source de bonheur et de courage. Elle le sera aussi pour tous ceux qui découvriront ainsi ce village provençal. Merci à notre guide et au CAP qui ont organisé cette rencontre avec Jouques.


Germaine Pivasset


Prochaine visite guidée de Jouques organisée par le CAP lundi 22 mai à 10 h, en compagnie d'une guide conférencière de Secrets d'Ici. Inscription en ligne ou par téléphone auprès d'Annie 06 37 83 75 13.



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