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Claudie DUHAMEL, porteuse de valises pendant la guerre d’indépendance* — Un film de M.-C. Rubinstein

il y a 11 heures
3 min de lecture

*Guerre d’indépendance algérienne


Dimanche 11 octobre, nous avons retrouvé avec plaisir Marie-Claire Rubinstein, une réalisatrice que nous connaissons bien au CAP et que nous apprécions particulièrement. Elle nous avait fait découvrir plusieurs de ses œuvres, notamment sa saga consacrée à l’architecte Fernand Pouillon ainsi que deux documentaires sur Aix-en-Provence.


Une soirée passionnante et émouvante


Cette fois, la réalisatrice nous a entraînés dans une histoire plus intime, celle de l’historienne Claudie Duhamel-Amado, dont le film retrace une partie de la jeunesse révoltée, en pleine guerre d’indépendance algérienne. Une nouvelle rencontre comme nous les aimons, portée par la sensibilité de Marie-Claire et son talent pour faire revivre des parcours singuliers sur fond de grande Histoire.


L’engagement dans les « porteurs de valises »


Claudie Duhamel est née en 1937. Durant son enfance et sa jeunesse, elle découvre la guerre, la résistance et la protection des personnes menacées dans le sud-ouest de la France, le colonialisme et ses injustices au Maroc, et le racisme à Paris... de quoi justifier sa prise de position lorsque, étudiante en histoire à l’université d’Aix-en-Provence, des amis lui donnent l’occasion de s’impliquer. En 1960, elle rejoint sa mère à Lyon et intègre un réseau de « porteurs de valise » en soutien au FLN (jusqu’à devenir la secrétaire du chef de la Wilaya III (structure administrative et territoriale regroupant Lyon et le sud de la France), Tahar Temzi.


De la clandestinité à l’arrestation


Son action sera de courte durée : six mois environ. Un cadre du FLN, retrouvé par la police, entraîne la chute du réseau. Claudie est alors arrêtée, puis incarcérée à la prison Montluc, à Lyon, en détention provisoire à partir du 25 novembre 1960.


Après sa condamnation définitive, le 6 avril 1961, à dix ans de prison par le Tribunal permanent des forces armées de Lyon, elle y restera jusqu’à ce qu’elle obtienne sa grâce, le 16 décembre 1963. Elle ne sera amnistiée qu’en 1966.


Marie-Claire filme Claudie qui raconte sa jeunesse de « résistante » : le moment où elle décide de s’engager comme « porteuse de valise » ; elle récoltait l’argent des algériens en France (des sommes très importantes) qui partait en Algérie pour financer la guerre : des voyages difficiles, de ville en ville, la vie en se cachant, la crainte des indics… et son arrestation à Lyon dans la prison Montluc. 


L’épreuve de l’enfermement


Prison Montluc, deuxième étage - Crédit photo Ced007, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons)
Prison Montluc, deuxième étage - Crédit photo Ced007, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons)

Claudie raconte en détail sa vie en prison : la peur pendant l’arrestation, l’internement, la solitude, la promiscuité, la grève de la faim, l’horreur d’avoir assisté à une exécution capitale, la colère, la compassion… mais aussi les bons moments avec les détenues.

Cette histoire n’est pas triste, c’est une histoire de « résistance » ; elle essaie d’analyser les effets qu’ont les actes physiques, violents et moraux sur les détenues et leurs réactions.


Rencontre avec Claudie Duhamel


Claudie était présente lors de cette projection et a répondu aux questions du public. Toujours pleine de vitalité, elle aime raconter, partager ses souvenirs et dialoguer avec un public attentif et curieux.


Elle a épousé le sculpteur Jean Amado en 1965. Décédé en 1995, celui-ci a laissé une œuvre importante. Claudie réside à Aix-en-Provence.


Jean Amado, une autre découverte artistique


Un petit film a suivi sur le travail de son mari Jean AMADO, sculpteur célèbre. Juste pour nous donner envie d’en voir un peu plus sur son important travail !


Colette


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