Quelle heure est-il ? Où suis-je ?
Conférence de Gérard Berry
Professeur émérite d’informatique au Collège de France

Samedi 7 novembre à 17h
6 Chem. du Four, 13100 Aix-en-Provence, France
À propos
Quelle heure est-il ? Où suis-je ? Voici deux questions devenues anodines car parfaitement résolues par nos smartphones. Pourtant, elles sont restées longtemps très difficiles et d’importance critique, en particulier pour la conquête du monde à la voile, qui exigeait une connaissance précise de la longitude (la latitude étant facile). C’était déjà le plus grand problème scientifique dès Galilée, au 17e siècle.
En 1707, une mauvaise estimation de position avait détruit quatre bateaux majeurs de la flotte anglaise aux îles Scilly : ils se croyaient vers Ouessant. Ce désastre a conduit l’Angleterre à créer en 1714 un très grand prix, le Longitude Act. Le problème n’y a été résolu que dans les années 1760, ce qui lui a donné la suprématie des mers. Sa solution résulte du travail obstiné d’un charpentier-horloger nommé John Harrison, qui a gagné une lutte féroce contre les astronomes du roi qui travaillaient avec la lune et les étoiles : sa montre H4, très précise par tous les temps, a bien servi le capitaine Cook — entre autres. Ce pays était jugé jusque-là secondaire par la France, qui s’en est mordue les doigts plus tard…
Sur terre, à la fin du 19e siècle, chaque ville avait son heure propre, ce qui empêchait de faire des horaires simples pour les trains. Un fait rocambolesque : il y avait trois pendules aux heures différentes dans chaque gare, hors des capitales ! La normalisation mondiale des heures date de 1920, et les heures ultraprécises actuelles TAI et UTC datent de 1970.
Nous verrons que beaucoup de systèmes divers plus ou moins baroques ont été mis en place pour donner l’heure à tous, jusqu’aux systèmes satellitaires de type GPS / Galileo détectés par nos smartphones, qui nous permettent aussi de savoir où nous sommes, à terre ou sur mer, en écoutant 4 satellites. Mais qui sait que ces satellites ne contiennent que des horloges atomiques, qui envoient des messages disant où elles sont et quelle heure UTC il y est ? Or, leurs signaux sont très faibles et faciles à brouiller ou pire à leurrer pour rendre la localisation indisponible ou fausse, ce qui est quasi constant en cas de guerres — fréquentes ces temps-ci : nous le verrons sur une carte web mise à jour en permanence.
Avez-vous gardé des cartes papier ?
Gérard Berry nous avait présenté "Science et conscience chez les Shadoks" en juin 2023.
Nous clôturerons ce moment de partage autour d’un verre de l’amitié offert par le CAP. Venez nombreux, accompagnés de vos proches, et n’hésitez pas à faire circuler l’information.
Au plaisir de vous y retrouver.
Entrée libre et sans réservation (ouverte à tous les habitants du quartier et au-delà)
🅿️ Parking gratuit école Daudet