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L’Abbaye de Saint-Michel de Frigolet

Situé au cœur de la Montagnette, entre Avignon et Tarascon, ce haut lieu de spiritualité et d’histoire puise ses origines dans le 1er tiers du XIIe siècle avec l’installation d’une communauté de chanoines réguliers de Saint Augustin.

Le nom du Prieuré est cité pour la première fois en 1133 et de cette période romane subsiste encore le cœur du monastère : la petite chapelle dédiée à la Vierge, l’église Saint-Michel et le cloître.


Certains voudraient y voir une origine plus ancienne encore et supposent l’existence sur ce même lieu d’un premier sanctuaire édifié par les moines de Montmajour. Alors qu’ils s’échinaient à assécher les marais qui entouraient le site de leur future Abbaye non loin d’Arles, ils auraient d’autant apprécié l’air pur de la Montagnette. Mais nul document n’atteste cette hypothèse.

Déserté aux XVe et XVIe siècles, le Prieuré est réinvesti en 1635 par les Augustins et les Hiéronymites (qui vivent également selon la règle de Saint Augustin). Les bâtiments sont restaurés et embellis. La chapelle Notre-Dame de Frigolet reçoit alors un luxueux décor baroque constitué de boiseries et d’un ensemble de tableaux attribués à l’école d’Avignon, le tout offert par Anne d’Autriche en action de grâce pour la naissance, 23 ans après son union avec Louis XIII, du dauphin Louis Dieudonné, le futur Roi Soleil ! Et Notre-Dame de Frigolet est désormais évoquée sous le nom de Notre-Dame du Bon Remède.


Le rayonnement de Saint-Michel de Frigolet ne cesse de croître mais voilà que la Révolution éclate : en 1791 les religieux sont chassés, le Prieuré est confisqué par l’État puis vendu.


A partir de 1831 un pensionnat s’installe sur le site, Frédéric Mistral alors âgé d‘une dizaine d’années y passera deux années peu studieuses mais qu’il évoquera plus tard avec nostalgie : « L’odeur de la montagne, dès qu’il faisait soleil, nous rendait ivres. Pour courir, nous avions toute la Montagnette… au bout de quelques temps nous étions devenus sauvages, ma foi, autant qu’une nichée de lapins de garrigue ».


En 1858, le Prieuré est racheté par le diocèse d’Aix et une communauté de religieux Prémontrés s’y installe.

Devant l’affluence des pèlerins, de nouveaux bâtiments sont édifiés dont une vaste église néo-gothique (dédiée à l’Immaculée Conception et à Saint-Joseph) ainsi qu’une enceinte d’inspiration quasi médiévale. Le Prieuré est élevé au rang d’Abbaye en 1869.


Frédéric Mistral reviendra souvent à Saint-Michel de Frigolet, accompagné parfois d’Alphonse Daudet à qui ces lieux inspireront le fameux Révérend Père Gaucher et son élixir, dans « Les lettres de mon moulin ». Mistral sera sur place également en 1880, lorsque le gouvernement anticlérical de Jules Ferry lancera l’armée à l’assaut de l’Abbaye, contraignant les religieux à un deuxième exil. Un troisième suivra en 1903 et, durant la guerre de 14-18, l’Abbaye deviendra un camp de concentration pour les civils allemands installés en Provence.


L’année 1922 voit le retour définitif des Prémontrés et, un siècle plus tard, ces chanoines réguliers vivent toujours selon la règle de Saint Augustin comme tous leurs prédécesseurs, associant à la vie contemplative une dimension apostolique, à l’extérieur dans les paroisses alentour comme à l’intérieur de l’Abbaye où pèlerins, retraitants ou simples touristes sont toujours les bienvenus.


En juillet dernier, l’Abbaye s’est trouvée encerclée trois jours durant par un gigantesque incendie. Plus de 1500 hectares de bois et de garrigue partirent en fumée mais les bâtiments furent sauvés grâce au combat acharné des pompiers. Les arbres mettront du temps à repousser mais nul doute que la lavande, le thym et le romarin reviendront très vite embaumer la Montagnette, surtout le thym, la farigoule, qui pourrait bien être à l’origine du nom de Frigolet.


Béatrice Micaelli


Visitez l'Abbaye avec le CAP lors de la journée découverte prévue le 27 novembre 2022






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